Vasilyev : “C’est une période difficile, mais on va s’en sortir”

La stratégie de recrutement de l’AS Monaco est souvent montrée du doigt par les observateurs de la Ligue 1 et les médias en général. Certains pensent que l’équipe s’affaiblit de mercato en mercato. Vadim Vasilyev, Vice-Président Directeur Général de l’AS Monaco, interrogé cette semaine par un journaliste du quotidien L’Equipe, évoque ces critiques à l’encontre de son club et nous parle d’une partie de son effectif…

 

Le début de saison

Vadim Vasilyev : “On n’est pas contents, c’est évident. Mais on a perdu deux matchs dans les dernières minutes. Et puis, avec tous les changements qu’on a faits, je m’attendais à un début de saison difficile, surtout une année de Coupe du monde. En 2014, c’était pareil, on avait mal commencé et on avait fini troisièmes, en faisant un quart de finale de Ligue des Champions. C’est décevant mais pas important, la qualité on l’a.

 

Le mercato estival

Vadim Vasilyev : “On a vendu beaucoup mais on a investi beaucoup aussi. Sur les deux derniers mercatos, on a investi autant que Paris, Marseille et Lyon réunis. Mon rôle est d’anticiper les changements sur le marché des transferts. Les résultats, on les verra vite et on les voit déjà : Pietro Pellegri a été appelé en équipe d’Italie à 17 ans. Oui, on a pris plein de jeunes, mais on a aussi pris des joueurs pour l’équipe d’aujourd’hui. Il faut savoir distinguer l’un de l’autre. D’un côté, la construction de l’équipe d’aujourd’hui et, de l’autre, les cinq prochaines années. Les jeunes, c’est un plus. Ne soyez pas focus là-dessus.”

 

Un effectif jugé plus faible

Vadim Vasilyev : “Je ne partage pas cette impression. J’ai lu les critiques sur Grandsir, Aholou ou Barreca… J’ai entendu les mêmes sur Bernardo Silva, Lemar ou Bakayoko à l’époque. Laissez-leur du temps à eux aussi. On ne passe pas d’une petite équipe de Ligue 1 à l’AS Monaco en trois matchs.”

 

Fabinho, Lemar et Moutinho transférés cet été

Vadim Vasilyev : “Ceux qui nous reprochent ça sont les mêmes qui nous ont reproché d’avoir conservé Lemar et Fabinho l’an dernier, de peur qu’ils fassent la saison de trop. Lemar s’est fait massacrer la saison dernière dans les journaux, avec les notes les plus basses. Et, aujourd’hui, on nous dit qu’il ne fallait pas vendre ces joueurs. C’est difficile à entendre mais d’accord, j’assume : on vend et on recrute beaucoup. De toute façon, on savait qu’on ne serait pas prêts pour le début de saison.”

 

Les critiques sur le projet monégasque

Vadim Vasilyev : “Je suis habitué mais ça m’agace que les gens soient dans l’instantané. Je dois agir sur la durée, prévoir et anticiper le marché. Chaque année, on dit que c’est la fin du projet de l’AS Monaco. En 2015/2016, avant la saison du titre, Leonardo avait déjà été attaqué. C’est le même coach qui nous a amenés à la première place. On réagit vite quand on se trompe.

 

Benjamin Henrichs et Djibril Sidibé

Vadim Vasilyev : “Djibril n’était pas à 100% de sa forme et la Ligue des Champions approche vite. On ne pouvait pas se permettre de prendre un risque. On a pris Henrichs pour ça et pour l’après Sidibé aussi. Djibril doit revenir à son niveau. Sa blessure nous a fait du mal, à lui et au club.”

 

Nacer Chadli

Vadim Vasilyev : “C’est un excellent joueur, un bon pro, expérimenté, mature, il ne panique pas, il assume, il enlèvera de la pression aux jeunes.”

 

La rencontre face à l’Atlético Madrid

Vadim Vasilyev : “L’Atlético s’est renforcé, on a beaucoup changé et les blessures ne nous ont pas épargnés. Ce match arrive tôt, ça joue contre nous. Mais on sera là. J’ai parlé avec Falcao et les autres cadres, on est confiants. L’Atlético est plus fort mais on a de la qualité et on est à domicile.”

 

Leonardo Jardim

Vadim Vasilyev : “Il a accepté le projet et il est fait pour ça. C’est son point fort, la gestion des changements. Mais on réfléchit avec le Président Dimitri Rybolovlev : à l’avenir, on voudrait apporter plus de stabilité et faire moins de changements d’une saison sur l’autre. Sans changer de projets. On est conscients que l’équilibre est difficile à trouver.”

 

Une inquiétude pour la saison à venir

Vadim Vasilyev : “Non. J’entends dire que notre équipe est jeune, mais son âge moyen est supérieur à celui de l’équipe qui a remporté le titre. Durant la trêve internationale, on avait neuf internationaux A (contre sept pour Marseille et quatre pour Lyon). Ce n’est pas un signe de qualité et de maturité ? Et encore, Jovetic et Pellegri étaient blessés, ça aurait fait onze. Autant de changements et de blessés en même temps, ça devient délicat. C’est une période difficile mais on va s’en sortir, j’en suis sûr.

 

Youri Tielemans

Vadim Vasilyev : “Je vous incite à lire les récents propos de Martinez, le sélectionneur de la Belgique. Il a souligné ses performances, ses progrès, match par match. On oublie qu’il est très jeune et qu’il avait passé toute sa vie dans le même pays et dans le même club.”

 

Aleksandr Golovin

Vadim Vasilyev : Il va changer des choses, c’est sûr, on n’a pas de joueur comme lui. Il va apporter de la fluidité, c’est un meneur. Je ne sais pas combien de temps il va mettre, mais je sais qu’il va y arriver. Il a les qualités, la mentalité, l’envie. Il est obsédé par l’idée de réussir depuis tout petit. Il veut réussir et il sait qu’il franchira un cap par l’adaptation. Il est prêt à le faire. Sa blessure a été un coup dur. Mais il a vite évacué. Il veut revenir mais on le freine. Je suis sensible à son parcours. J’aimerais qu’il y arrive, pour lui, pour nous, pour le modèle russe et tous les jeunes de ce pays.”

 

Radamel Falcao

Vadim Vasilyev : “Ce qui a été écrit sur Falcao cet été est à 90% de l’ordre du fantasme. L’AC Milan ne m’a jamais contacté pour lui. La Chine, c’est vrai. Mais vu l’évolution du football en Chine, je n’y crois plus. Le marché est en baisse, ils ont introduit un impôt de luxe sur les transferts qui rend improbable l’idée de mettre autant d’argent sur un tel joueur. Et puis on souhaite le garder, c’est le pilier de notre projet.

 

Un dernier mot

Vadim Vasilyev : “Le Président Rybolovlev a investi 350 millions d’Euros au départ. Depuis le changement de projet efficace qu’on a mis en place, d’accord il n’investit plus, mais le Président n’a pas sorti le moindre euro du club pour le mettre dans sa proche. Zéro. Tout l’argent est recyclé, dans les investissements de joueurs, le centre de formation, les salaires des tops joueurs, les frais de fonctionnement, les salariés, le staff technique, les dirigeants, dans le futur centre d’entraînement qui va nous coûter 55 millions d’Euros, dans le Cercle Bruges qui nous a coûté des dizaines de millions d’Euros. Il faut arrêter de fantasmer sur l’AS Monaco : on n’est pas une machine à cash.”

 

 

Interview réalisée et propos recueillis par Régis Testelin, pour le journal L’Equipe

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