[La rédac’Attaque] Des paroles, mais toujours pas d’actes…

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Une rédac'Attaque un peu particulière cette semaine, avec un retour sur l'inefficacité de l'ASM et une tentative d'explication.
« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots ! » Leonardo Jardim et ses joueurs s'inspirent de Dalida depuis le début de la saison. Le discours se répète inévitablement. Face à Benfica, une nouvelle fois, Monaco a gâché trop d'opportunités. L'occasion de ressortir l'enregistreur. Mais pourquoi tant d'inefficacité devant le but ? Éléments de réponse.
1) Le manque d'un vrai buteur

Peut-être que Radamel Falcao n'était pas heureux sur le Rocher ?Peut-être est-il seulement venu à l'ASM pour nettoyer son ardoise concernant sa tierce propriété ? Mais malgré tout cela, il n'en restait pas moins un véritable attaquant. Celui capable de marquer des buts dans n'importe quelle position au cœur de la surface. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En un peu plus d'une saison, le Colombien a inscrit treize buts en vingt-deux matchs toutes compétitions confondues. Au niveau de l'efficacité, son apport était inestimable. Le néo-Mancunien a cumulé vingt-sept tirs cadrés, ce qui induit que près de la moitié (48%) de ceux-ci ont terminé au fond des filets. Néanmoins, l'arrivée de Dimitar Berbatov n'a pas terni ces pourcentages. En huit mois à l'ASM, le Bulgare a inscrit huit buts en douze matchs de Ligue 1. L'ancien de Manchester United a cadré vingt-et-un tirs, soit un ratio de 38% (buts/tirs cadrés). Mais aujourd'hui, le premier est parti en Angleterre, et le second a montré ses limites physiques et enchaîne les blessures. Leurs remplaçants, Lacina Traoré et Anthony Martial, ne cumulent que sept tirs cadrés en dix matchs, pour un seul petit but. La surface adverse est donc, pour l'instant, dépourvue d'un vrai chasseur de buts.

Falcao n'a pas trouvé son remplaçant en terme d'efficacité
Falcao n'a pas trouvé son remplaçant en terme d'efficacité
2) Personne pour combler le vide

Le reste de l'équipe ne trouve pas non plus la solution. Si l'ASM est la quatrième équipe de Ligue 1 au niveau des tirs cadrés (59), loin derrière Marseille (90), elle n'a inscrit que quatorze buts en douze matchs. Ce qui place les Monégasques au dix-septième rang de Ligue 1 en terme de ratio buts marqués / tirs cadrés (22%). Seuls Guingamp, Nantes et Lille font pire. En Ligue des Champions, le constat est identique. Avec seulement dix tirs cadrés en quatre matchs, dont cinq lors du déplacement au Stade de la Luz, Monaco fait partie des très mauvais élèves européen, devant l'Apoel Nicosie. Le ratio buts marqués / tirs cadrés s'apparente au pourcentage de chances de voir Bastia ne pas descendre en Ligue 2 : 10% ! Les joueurs du Rocher se procurent pourtant des situations, voir même des occasions. Mais à l'heure actuelle, aucun joueur ne réussit à prendre à sa charge le compteur but. Yannick Ferreira-Carrasco, le meilleur rouge et blanc depuis quelques semaines, tente d'être celui-là. Sans succès pour l'instant.

3) Le manque de confiance

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Alors l'équipe cogite, se pose des questions. Et au moment de frapper, de mettre le ballon dans la cage adverse, la solution collective devient une évidence. La peur de prendre la responsabilité de marquer semble trop grande. Les Monégasques multiplient les passes, en cherchant la meilleure solution. Rarement efficace ! La spontanéité se perd et la confiance s'éloigne un peu plus. De plus, l'équipe cherche tellement à retrouver le chemin des filets, qu'elle en oublie souvent l'essentiel : Quand on ne peut pas gagner un match, il faut savoir ne pas le perdre ! L'an passé, avec ses bonnes prestations contre Rennes et Guingamp, Anthony Martial avait montré au plus grand nombre toutes ses qualités. Aujourd'hui, la tête basse, il ne lui manque qu'un déclic pour devenir celui qu'il était, et qu'il pourrait être. L'élément déclencheur aurait pu être ce but au Parc des Princes. Finalement non. A l'image de ses partenaires, l'ancien lyonnais accumule les frappes juste à côté et les excès d'altruisme. Bourré de talent, et à seulement dix-huit ans, Anthony Martial doit désormais se faire confiance pour permettre à l'équipe de la retrouver.

Les conférences de presse de Jardim se ressemblent étrangement chaque semaine
Leonardo Jardim joue au perroquet chaque semaine, en répétant le même constat
4) Les discours fatalistes

Il existe une différence entre reconnaître son inefficacité et chercher à y remédier. Depuis le début de l'année, Leonardo Jardim passe l'essentiel de son temps en conférence de presse à reprocher à ses joueurs leur stérilité offensive. Valère Germain s'y est mis aussi, en compagnie de Danijel Subasic, ou Andrea Raggi. Au final, toute l'équipe a sombré dans la psychose. Certains ont osé dire qu'ils allaient tenter quelque chose en travaillant beaucoup plus à l'entraînement. Personne n'a suivi. Pourtant, s’apitoyer sur son sort n'est pas une solution. Il faut désormais concentrer toute son énergie sur ce déficit offensif, et non plus s'attarder à le dénoncer. Adopter « La positive attitude », comme le chantait une artiste bien connue des ados du début du siècle. La méthode Coué n'a peut-être jamais vraiment fait ses preuves, mais il serait stupide de ne pas essayer. Face à Saint-Etienne ce dimanche, j'attends, et je ne suis pas le seul, que les paroles laissent place aux actes.

A PROPOS DE L'AUTEUR: vincent petitpez

Journaliste sportif, Rédacteur à LiveTeam-ASM.COM

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