Ma vie en Rouge et Blanc de Louis F

La-Parole-aux-supporters

On est le 26 novembre 2012 à Clermont-Ferrand. Un jour comme un autre vous me direz sauf qu'on est lundi. Et le lundi c'est la reprise d'un cycle infernal, jour que tout le monde déteste car il faut retourner au boulot après un bon petit week-end. Certains en ont profité pour se défouler les jambes sur un terrain de football, d'autres ont sûrement dû regarder avec ennui le match Marseille-Lille. Mais pour moi il en est tout autre chose car la ligue 1 ne m'intéresse pas à l'heure actuelle et j'attends ce jour avec impatience.

Je me lève à 7h00 comme chaque lundi matin. Et comme chaque lundi matin je me lève de mauvaise humeur, à moitié endormi alors que même le soleil n'est pas tout à fait réveillé lui non plus. J'attends que la journée de cours se passe, ma concentration est ailleurs aujourd'hui. 

Il est 17h00. Je sors juste de la fac, je m'empresse de rentrer chez moi pour me préparer. Et pour cause, Monaco affronte le Clermont Foot Auvergne à 20h30 au stade Gabriel Montpied. Etant un grand fan fidèle à l'ASM et étudiant sur Clermont, je ne peux pas me permettre de rater ce match. 
Depuis tout petit je soutiens l'ASM bien que je n'ai eu qu'une seule occasion de voir mon équipe favorite jouer : l'année précédente au même endroit contre la même équipe : Clermont. Persuadé de voir l'ASM mettre une branlée à cette équipe clermontoise, elle s'est vue infliger une triste défaite 1-0 sur un but du fameux Romain Alessandrini sur une misérable erreur du pauvre Tzavellas qu'on nomme aussi le spartiate, le dur à cuir, le guerrier grec ... Bref vous m'aurez compris. Un but inscrit dans les derniers instants du match, affolant la masse de supporters présente dans l'enceinte du stade à ce jour. J'en suis ressorti complètement abattu, subissant les railleries de mes amis footeux avec qui je me suis déplacé. Clermont met ainsi fin à tout espoir de montée en stoppant net la série de victoire de l'ASM. Je retiendrai tout de même le fait d'avoir vu de mes propres yeux notre cher compère Ludovic Giuly porter le maillot rouge et blanc pour la première et dernière fois. Je ne regrette pas non plus la superbe ambiance des supporters monégasques ayant fait le déplacement en nombre, qui, même après le coup de sifflet final, continuent de chanter pour nos asémistes malgré la défaite.


Il est maintenant 19h30. Mes amis, rebutés par la fraîcheur du climat, préfèrent rester chez eux bien au chaud à regarder leurs émissions télévisées plutôt que de se risquer dehors. Quoi qu'il en soit, pour ma part, il ne me faudra pas réfléchir longtemps pour comprendre l'aubaine que j'ai de pouvoir assister à un match de Monaco. Je décide alors de me rendre au match tout seul, peu importe le contexte. Je noue mon écharpe rouge et blanche autour du coup, quitte mon studio et me précipite vers la voie de tram qui mène au stade. C'est d'ailleurs à l'intérieur que je fais la connaissance d'un autre grand fan de l'ASM (Monaco et non pas Montferrand bien sûr).

Il est désormais un peu plus de 20h00 et j'arrive enfin à destination plein d'enthousiasme. L'excitation et le stress monte en moi une fois arrivé devant l'entrée. Une fois encore, mon cœur penche du côté de l'équipe visiteuse. Je m'installe finalement dans les hautes tribunes afin de mieux suivre le cours du match au dépend de l'ambiance des tribunes visiteuses. Une fois ma place trouvée, j'en profite pour regarder la composition des équipes et remarque que le jeune Lucas Ocampos n'est finalement pas retenu pour jouer ce match. Dommage. La titularisation de Poulsen me laisse perplexe mais heureusement Touré est là devant. Bon, il fait froid et j'attends avec impatience le début de la rencontre.


Enfin 20h30, le match commence. J'espère juste une chose : que les monégasques hausseront le ton durant la partie et ne reproduiront pas les mêmes erreurs que l'année précédente. C'est malheureusement ce qui s'est passé. Clermont domine largement  les débats et je crains déjà voir le même scénario.  Une première mi-temps à oublier, des failles dans la défense sont à corriger. Kagelmacher est pris de vitesse à plusieurs reprises et les attaquants n'ont que trop peu de ballons. J'ai bien peur d'assister à un match faible en intensité. La deuxième mi-temps démarre. L'heure de jeu est passée.

On joue la 64ème minute de jeu, Carrasco, entré en jeu depuis peu, provoque un adversaire puis ajuste un centre parfait pour Touré qui contrôle ce ballon dans les airs du pied droit et décoche une reprise de volley croisée instantanée qui finit dans le but. Personne n'y croit tellement le geste est parfait. Et quel contrôle ! Je n'en reviens pas. Je viens d'assister à ce qui est pour moi le plus beau but asémiste de l'année. Impossible de cacher ma joie, je me lève et gueule un bon coup. Un supporter monégasque situé deux rangs plus bas que moi me tend le bras que j'empoigne fermement en signe de victoire.

Le but surprend tout le monde, j'entends déjà les supporters clermontois râler, critiquant la nonchalance de l'attaquant monégasque depuis le début de la rencontre : "il court même pas Touré, il n’est pas si bon que ça". C'est peut-être la raison pour laquelle le grand artisan de la remontée monégasque n'extériorise pas sa joie laissant ses coéquipiers se jeter sur lui. 

 Le match prend alors une autre allure. Les clermontois poussent mais la défense monégasque ne rompt pas. Quelques frayeurs m'envahissent en fin de match notamment sur ce sauvetage de Raggi dans les dernières secondes de jeu.

La fin du match est sifflée, c'est la délivrance. Je peux enfin rentrer chez moi avec le sourire. La revanche a été prise, cela dit je n'arrive toujours pas à dormir : impossible de ne pas me remémorer cette victoire et ce magnifique but qui passe en boucle dans ma tête. Sûrement le lundi le plus joyeux que j'ai connu... 
Au plaisir de partager mon meilleur moment en rouge et blancs avec la communauté des supporters monégasques. Daghe Munegu !

A PROPOS DE L'AUTEUR: Guillaume O.

Vice-président et créateur des Munegus Cœur de France

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