[Légende] Marcelo Gallardo, El Muneco de Monaco

En un clásico raro, accidentado y con mucho gol, Nacional se terminó llevando la victoria por 3 a 2 de la mano de un gran "Chino" Recoba que apareció en el momento justo. Peñarol mereció mejor suerte porque jugó mejor que su rival, tuvo gol y a un gran Marcelo Zalayeta. Pero el conjunto de Da Silva no lo supo aprovechar y cometió errores que fueron letales. . Ref: http://www.ovaciondigital.com.uy/120520/futnac-642203/futbolnacional/con-la-misma-receta/PEÑAROL: Leandro Gelpi; Emiliano Albín, Carlos Valdez, Alejandro González, Darío Rodríguez; Fabián Estoyanoff, Marcel Novick, Sebastián Cristóforo, Luis Aguiar; Rodrigo Mora y Marcelo Zalayeta. Director técnico: Jorge Da Silva.NACIONAL: Jorge Bava; Andrés Scotti, Jadson Viera, Alexis Rolín, Darwin Torres; Maximiliano Calzada, Facundo Píriz, Tabaré Viudez, Israel Damonte; Richard Porta y Alexander Medina. Director técnico: Marcelo Gallardo.

Il y a des talents que ne se discutent pas. Des talents qui s'apprécient avec le cœur et les yeux. Débarqué sur le Rocher comme héritier des illustres argentins passés sous la diagonale (Conti, Onnis, Da Fonseca, Diaz...) Gallardo a marqué de sa classe les supporteurs du club princier. Retour sur une carrière terminée et sur une autre qui ne fait que commencer.

River au fond du cœur

Marcelo Gallardo naît le 18 janvier 1976 à Merlo, petite ville ouvrière de la banlieue de Buenos Aires. Comme de nombreux argentins il grandit dans une famille de footeux, entourés de son père, d'oncles et de cousins tous passionnés de ballon rond. Bien que peu attiré par le football avant ses 8 ans, il se découvre un talent, balle au pied, sur les trottoirs de son quartier, et rejoint River Plate à l'âge de 12 ans. L'histoire d'amour commence et la tradition familiale se perpétue ! Il signe son premier contrat en 1992 et restera 7 ans dans son club de cœur. Aux côtés de légendes comme Enzo Francescoli, il s'installe en équipe première et y disputera 158 matches (27 buts). Une période faste où El Muńeco (la poupée) va s'affirmer et remporter 7 titres, toutes compétitions confondues.

Gallardo River

Meneur de jeu à l'ancienne et toujours dans les bons coups, sa vista et ses coups de patte le propulsent en équipe nationale avec laquelle il débarque en France un certain mois de juin 1998. Là encore, une histoire d'amour commence. Avec la France ? Pas tout à fait, plutôt avec un petit bout de terre de 2km², accroché à la mer Méditerranée...

À Monaco pour faire briller l'équipe

Quand il débarque sur le Rocher en 1999, l'AS Monaco vient de terminer 4ème, bien aidée par l'arrivée de Puel qui avait remplacé Tigana en cours de saison. Acheté pour 40MF (soit 6M€), le petit argentin hérite du numéro 10 et se fait rapidement sa place au milieu d'un collectif qui restera dans l'histoire du club. Barthez, Trézeguet, Sagnol, Marquez, Riise, Simone, Giuly, Christanval ou encore Lamouchi... Gallardo ne fait pas de complexe et apporte toute sa classe à un collectif solide et pétri de talent. Le système Puel le met dans les meilleures conditions, et sans attendre, il mène l'équipe au titre de champion, faisant briller la doublette Trézegol/Simone qui empilera les buts tout au long de la saison.

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En à peine un an, El Muńeco séduit la France et est élu Meilleur joueur du championnat par ses pairs. Mais son talent et ses coups d'éclat footbalistiques agacent, surtout ses adversaires, et particulièrement les marseillais. Impossible de ne pas évoquer l'affaire du tunnel où, victime d'une embuscade des plus pitoyables, Gallardo est agressé par le staff marseillais, Christophe Galtier en tête, avec la complicité des agents de sécurité. Triste image, d'autant que Marcelo est exclu et que Marseille (qui jouait alors le maintien) l'emporte.

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Suite à sa belle saison 1999-2000, Monaco voit ses talents rejoindre de plus grands clubs et l'équipe se disloque. Puel est limogé en 2001, remplacé par Deschamps, qui délaisse peu à peu le meneur de poche pour un système avec deux ailiers. Les tensions se font sentir, l'incompréhension aussi et El Muńeco doit se contenter du banc et d'une vingtaine de matches. Après une dernière saison conclue par une victoire en Coupe de la Ligue et une seconde place en championnat, Gallardo fait ses adieux au Louis II après 126 matches et 23 buts inscrits.

Gallardo Coupe de la ligue

Campora tentera de le retenir avec une belle offre de prolongation... Mais en difficulté financière, le club doit se contraindre à le laisser partir... Un temps très proche de l'OM, il retourne finalement à River devant le refus des dirigeants monégasques de renforcer un concurrent direct.

Trois ans à la maison et retour en France

Lorsqu'il rentre à River Plate en 2003, Gallardo pense pouvoir regagner sa place dans le groupe qui décollera pour l'Allemagne en 2006. Mais malgré un retour remarqué et 35 buts inscrits en 110 rencontres, il ne sera pas du voyage au mondial. Sa carrière en équipe nationale s'arrête après 44 sélections entre 1994 et 2003. Celui qui était déjà sur le terrain de Geoffroy-Guichard lors du mythique Argentine-Angleterre dit adieu au maillot de l'Albiceleste.

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Lorsqu'il termine son contrat en janvier 2007, il rejoint librement un PSG encore marqué par ses fulgurances sous le maillot asémiste. À peine un mois plus tard, il inscrit son premier but sur coup-franc face à... Monaco. À 31 ans, le numéro 10 vit malheureusement l'une des périodes les plus compliquées de l'histoire parisienne. Après Lacombe, Le Guen prend les rênes de l'équipe et joue clairement la sécurité. Peu en phase avec la technique et le jeu virevoltant de l'argentin, l'ancien du club le met de côté et le pousse à quitter la capitale après une trentaine de matches. Laissé libre, il s'engage en MLS en 2008, au DC United, où il restera six mois sans briller. Il rompt alors son contrat américain pour un deuxième retour à River gâché par des blessures récurrentes au genou (2008-2010) . Il tente alors sa chance chez le futur champion d'Uruguay, le Nacional Montevideo.

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Mais 5 mois d'absence ne lui permettront pas de prendre réellement part à la conquête du titre. Du moins pour cette fois, car l'avenir lui donnera bientôt la possibilité de se rattraper. En juin 2011, Marcelo Gallardo met un terme à sa carrière sportive. Dans la foulée, il devient entraineur du Nacional !

Un succès immédiat au poste d'entraineur

S'il a fait rêver de nombreux amateurs de football en tant que joueur, que dire de ses prédispositions en tant qu'entraineur ! Sans se poser de question et sans intervalle entre sa retraite et sa nouvelle carrière, il est sacré champion pour sa première année aux commandes d'une équipe. Cela se passe de commentaires ! Certes, le Nacional Montevideo était champion en titre et il a pu s'appuyer sur un effectif rôdé... Mais cet argument des pessimistes ne tiendra pas longtemps car la tâche se complique lorsqu'il succède à Ramon Diaz (ex-monégasque lui aussi) sur le banc de SON club, le 7 juin 2014 ! Après 2 ans de break où il échafaude son style de jeu et de management, il débarque sans prétention à l'Estadio Monumental de River Plate. Rapidement l'osmose se crée et sa méthode porte ses fruits.

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En décembre il remporte la Copa Sudamericana et enchaine en février 2015 en gagnant la Recopa Sudamericana, sorte de Supercoupe d'Europe qui oppose le vainqueur le Sudamericana au vainqueur de la Libertadores. Sur sa lancée, le coach argentin va d'ailleurs mettre un terme à près de 20 ans de disette pour River en offrant la myhique Libertadores aux Millionarios en août 2015 ! Une véritable folie pour le club Rouge et Blanc qui n'en espérait pas tant !

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Un peu plus en difficulté dans la nouvelle formule du championnat (River est actuellement 5ème à 11 points du leader Boca Juniors) Gallardo a su imposer son style et faire taire les sceptiques qui critiquaient son manque d'expérience. Avec une philosophie qui lui ressemble, il incite ses joueurs à jouer, à faire circuler le ballon et à presser très haut. Ses méthodes et sa communication lui attirent des éloges et annoncent déjà une belle carrière de technicien pour celui qui reste encore et toujours gravé dans le cœur des supporteurs asémistes. Attachement réciproque car lui aussi n'a pas oublié le club princier, avouant même avoir envie de s'assoir sur son banc à l'avenir ! Un temps évoqué proche du Rocher en 2012, rien ne dit que l'histoire entre l'ASM et son virtuose numéro 10 ne reprendra pas un jour !

A PROPOS DE L'AUTEUR: Yoann Tureck (LTASMFC)

Rédacteur freelance. Rouge et blanc depuis 1993 et le grand Enzo Scifo. Follow me @ytureck

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