[La rédac’ attaque] Adieu, Valère Germain

ligue 2

On aurait bien pu te rendre hommage pour tes douze années passées au club, à l'As Monaco. On aurait pu te remercier pour ce que tu as apporté au club, au nom Monaco, au palmarès et à l'histoire récente du club, à laquelle tu as participé mais de ma plume, tout ceci sonnerait faux. En effet, à contre pied de ce que tu as pu lire ou non ces derniers temps sur Internet, je ne te rendrais pas hommage. Enfin si, un hommage à ma façon: mesuré, un peu piquant mais honnête par dessus tout.

Une présence sportive pas vraiment marquante

Bien sûr, omettre ta présence au club depuis ton plus jeune âge, omettre ta présence sur le terrain lors de la relégation du club face à Lyon en ce triste mois de Mai de l'an 2011 et tes larmes ce jour là serait faire preuve de mauvaise foi. Et bien que la mauvaise foi soit la marque de fabrique de beaucoup de supporters de foot -moi y compris-, j'ai au moins la décence de bien vouloir reconnaitre que tu n'as pas quitté le club durant ces heures sombres comme certains pseudos amoureux du club l'ont fait (Hein Mollo) ? Après cela suffit-il à t'ériger une statue en Principauté, un rang d'intouchable à Monaco parce que justement, tu étais là, ce jour là et pendant les deux saisons en Ligue 2 ? Je ne sais pas, et comme pour le cas Danijel Subasic, je ne le pense personnellement pas.
Toujours est-il que tu as traversé cette Ligue 2 en plantant vingt-deux pions en soixante dix matchs. Pas de quoi fouetter un chat, mais tu as participé activement à la remontée du club en Ligue 1, de part ta présence sur le terrain, mais aussi en-dehors vis à vis des supporters, pour qui tu es l'enfant du club et surtout une accroche temporelle à l'ADN monégasque à l'heure où l'effectif se composait à 90% d'étrangers.

Commence maintenant ton rude chemin de croix sportif, en Ligue 1.

A l'aise sur le terrain, ton placement et tes courses auront fait le bonheur des experts footballistiques, mais le football ne s'arrête malheureusement pas à de bon placements sur du gazon et à de bonnes courses sinon Manu' Rivière aurait été un attaquant de renom. Cinq buts la saison de la remontée, quatre la suivante et dix pour cette dernière. Dix-neuf  buts en quatre-vingt huit matchs. C'est très faible, beaucoup trop faible pour un club de notre acabit. Et malgré tout, tu as toujours eu la clémence des supporters, là où d'autres joueurs n'ont pas eu cette chance malgré une performance numériquement plus intéressante (je pense notamment à Guido Carrillo). Mais le pire, c'est que ta meilleure saison, tu la réalises ... à l'OGC Nice.
Et oui, c'est à l'été 2015 que tu te décides à trahir une première fois l'As Monaco en partant chez le "rival" géographique niçois. Une communication désastreuse, un but contre Monaco dès le début du championnat, une saison à quatorze buts, soit quasiment autant que sur tes trois saisons avec Monaco. Au final tu reviendras à Monaco en héro ou presque. Les supporters prétextant un besoin de temps de jeu pour ton départ alors que Bordeaux aurait pu être une porte de sortie tout aussi intéressante. Si seulement tu avais choisi Bordeaux Valère, si seulement.

Une communication risible

Même si sportivement tu as été en décalé avec les attentes placées en toi, tu as quand même eu le mérite de nous marquer de jolis buts, notamment contre Marseille lors de la remontée ou plus récemment celui de la délivrance contre le Borussia Dortmund. Par contre, ta communication, celle de ton père, permet moi de n'en dire que du mal.

"séduit par le discours du coach et du président. Cela faisait plusieurs années que Nice me voulait, ça a compté dans ma décision. Nice est le club phare de la Côte d'Azur, le club le plus suivi. Je suis heureux d'être à Nice, et si je marque contre Monaco à la 95e, je pourrais laisser exploser ma joie."

Déclaration invraisemblable lors de ta présentation officielle à l'OGC Nice. Il n'en fallait pas plus pour que tu perdes tout intérêt à mes yeux, et aux yeux de beaucoup de supporters ceci dit. Comment tu peux dire une chose pareille quand tu sors de l'académie monégasque en revêtant le chasuble de Nice ? Brosser dans le sens du poil les supporters niçois est une chose, cracher sur le passé, la prestance historique et la présence géographique de l'As Monaco est inacceptable. Et pourtant, tu seras accueilli en héros à ton retour huit mois plus tard. Incompréhensible. Et puis la goutte d'eau qui fait déborder le vase: cette non-célébration de ton but face à ce même Nice en Février dernier. Renier douze ans passés à Monaco pour ne pas brusquer un club où tu as passé un an. Médiocre, décevant, pas inattendu.

Pas inattendu, oui parce que tu as passé la saison à tirer la gueule sur le banc de Monaco. On se rappelle aussi au doux souvenir de ton visage d'enterrement contre Arsenal où tu avais été laissé à l'écart par Jardim pour permettre à Martial et à Berbatov de briller. C'était une décision logique, mais tu ne l'a pas comprise. C'était compréhensible, mais cette amertume a continué à tel point que tu avais demandé à être prêté pour être sûr de jouer titulaire au lieu d'accepter la concurrence, saine, au club. Et cette amertume a encore et toujours perduré au delà de ton passage à Nice.
Malgré une place de titulaire indiscutable dès le début de la saison aux côtés de Radamel Falcao, tu n'as pas su tenir la comparaison quand l'automne fut arrivé, avant de laisser définitivement un p'tit gars, Kylian Mbappé, te chiper ta place dans le onze de Leonardo Jardim. Trop c'est trop, et tu fais part en privé de ton envie de quitter le club définitivement, pour t'affirmer en tant qu'indiscutable avec un temps de jeu conséquent. Apparemment, disputer 3500 minutes de jeu, n'est pas suffisant mais personnellement, je remarque juste que ce n'est qu'un énième caprice d'un enfant illégitime sportivement comparé à tes concurrents. C'est cette concurrence qui te fera "enfin" rejoindre Marseille et son "champion's project" dont tu sembles être la figure de proue, c'est pour dire.
Ton départ définitif aurait pu se faire dans l'amour et la ferveur du club monégasque, mais malgré toutes ces années et cette dernière image de toi célébrant avec le Kop monégasque un soir de titre de champions de France, ton père n'a pu s'empêcher de tacler l'ambiance monégasque et toi même, tu n'as pas pu t'empêcher de manquer de respect une dernière fois aux supporters rouges et blancs en rendant hommage à Nice dans ta lettre d'adieu.

 

Certains te considèreront comme une légende du club,un joueur emblématique. Me concernant, tu n'es pas de la trempe des Henry, Trezeguet et des Bernardo Silva et tu ne l'aurai probablement jamais été puisque ces derniers ont marqué l'histoire du club par bien des façons, et à commencer par leurs prouesses sportives.
Tes adieux auront été comme ta carrière monégasque, insuffisants et maladroits. Tu as au passage enfin rejoint le club de ton coeur, le vrai cette fois-ci, celui de ton père aussi visiblement, même si ce dernier ne s'était pas prié pour faire un passage par Toulon et même le Paris-Saint-Germain. Une histoire de famille en somme.

 

 

A PROPOS DE L'AUTEUR: Benjamin G.

Fervent supporter de l'AS Monaco depuis des temps immémoriaux et amateur de football de tout horizon.

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